Fonds Communautaire Africain
Directive de Conformité KYC/LBC
Directive n° : ACF-DIR-005 | Date d'entrée en vigueur : 04/05/2026 | Version : 1.0
PRÉAMBULE
ATTENDU QUE le Fonds Communautaire Africain (le « Fonds ») opère en tant qu'institution internationale dotée d'une pleine personnalité juridique aux termes de l'Article 2.1 de sa Charte ;
ATTENDU QUE l'Article 7.4 exige une déclaration de bonne foi concernant l'origine des fonds ou de l'or pour la souscription de parts, conformément aux protocoles applicables de Connaissance du Client (KYC) ;
ATTENDU QUE l'Article 10.1(b) impose au Comité Exécutif d'établir des politiques pour garantir le respect des obligations anti-blanchiment de capitaux (LBC) et de lutte contre le financement du terrorisme (LFT) ;
ATTENDU QUE l'Article 14.2(c) confie au Comité Exécutif la responsabilité d'assurer la conformité à la Charte et aux normes internationales applicables ;
ATTENDU QUE l'Article 5.3 exige que tous les Membres agissent de bonne foi et adhèrent aux principes d'intégrité opérationnelle, de création de valeur à long terme et de gestion responsable du Fonds ;
ATTENDU QUE l'Article 13.5 autorise le Président à adopter des directives conformes à la Charte pour mettre en œuvre la mission du Fonds ;
PAR CONSÉQUENT, le Président émet par la présente cette Directive de Conformité KYC/LBC afin d'établir des normes minimales pour la vigilance à l'égard de la clientèle, le criblage des sanctions, la surveillance des transactions et le signalement dans l'ensemble de l'écosystème du Fonds.
ARTICLE 1 : OBJET ET CHAMP D'APPLICATION
1.1 Objet : La présente Directive établit un cadre fondé sur les risques pour empêcher que le Fonds soit utilisé à des fins de blanchiment de capitaux, de financement du terrorisme, d'évasion fiscale, d'évasion des sanctions ou d'autres activités financières illicites.
1.2 Applicabilité : La présente Directive s'applique à :
- (a) Tous les Membres de Classe A (Gouvernance) et de Classe B (Non-Gouvernance) ;
- (b) Les bénéficiaires effectifs, les signataires autorisés, les mandataires et les personnes exerçant le contrôle ;
- (c) Les intermédiaires, agents de paiement, dépositaires et intégrateurs techniques accédant aux systèmes du Fonds ;
- (d) Toutes les souscriptions de parts, transferts, appels de capitaux, demandes de prêt, retraits et transactions en or ou en devises.
1.3 Alignement International : Les normes contenues aux présentes s'alignent sur les Recommandations du Groupe d'Action Financière (GAFI), les conventions pertinentes de l'ONU et les cadres de conformité bancaire reconnus internationalement.
ARTICLE 2 : APPROCHE FONDÉE SUR LES RISQUES
2.1 Classification des Risques : Tous les Membres et toutes les transactions se voient attribuer une cote de risque (Faible, Moyen, Élevé) basée sur :
- (a) La juridiction d'incorporation et l'empreinte opérationnelle ;
- (b) Le type d'entité (souverain, institution financière, entreprise, ONG, investisseur individuel) ;
- (c) Le volume, la fréquence et le mode de paiement des transactions (or par rapport aux monnaies fiduciaires) ;
- (d) La présence de Personnes Politiquement Exposées (PPE) ou de structures d'actionnariat complexes.
2.2 Proportionnalité : Les mesures de Vigilance à l'égard de la Clientèle (VCC) doivent être proportionnelles au niveau de risque évalué. La Vigilance Renforcée (VR) s'applique aux relations à haut risque.
2.3 Approbation de la Méthodologie : Le Comité Exécutif doit approuver et mettre à jour périodiquement la matrice de classification des risques et la méthodologie de notation.
ARTICLE 3 : INTÉGRATION ET VÉRIFICATION INITIALE
3.1 Déclaration de Bonne Foi : Tous les candidats doivent signer une Déclaration de Source des Fonds/de l'Or conforme à l'Article 7.4, attestant l'origine licite et la conformité aux lois LBC/LFT applicables.
3.2 Vérification de l'Entité :
- (a) Certificat certifié de constitution/enregistrement ;
- (b) Mémorandum et Statuts ou documents constitutifs équivalents ;
- (c) Preuve d'adresse physique et de juridiction opérationnelle.
3.3 Identification du Bénéficiaire Effectif :
- (a) Identification de toutes les personnes physiques détenant ≥25 % de propriété directe/indirecte ou exerçant un contrôle effectif ;
- (b) Lorsque la propriété est opaque, le(s) dirigeant(s) contrôlant doit/doivent être identifié(s) et vérifié(s).
3.4 Vérification du Signataire Autorisé :
- (a) Pièce d'identité avec photo délivrée par le gouvernement ;
- (b) Résolution du conseil ou lettre d'autorisation confirmant le mandat de signature ;
- (c) Vérification d'identité numérique via l'Autorité de Certification de l'ACF (ACF-DIR-002).
3.5 Vérification de la Souscription en Or : Les paiements en or doivent être accompagnés de certificats d'essai, de documents de traçabilité (chaîne de garde) et de la confirmation d'un évaluateur indépendant conformément à l'Article 7.3.
ARTICLE 4 : SURVEILLANCE CONTINUE ET VIGILANCE RENFORCÉE
4.1 Surveillance des Transactions : Le Fonds emploie une surveillance automatisée et manuelle pour détecter :
- (a) Des modèles de transfert inhabituels ou des mouvements rapides de parts incompatibles avec l'objectif déclaré ;
- (b) La structuration pour éviter les seuils de déclaration ;
- (c) Des divergences entre l'origine déclarée du patrimoine et le volume des transactions.
4.2 Cycles de Révision Périodique :
- (a) Risque Élevé : Révision annuelle avec actualisation de la Vigilance Renforcée
- (b) Risque Moyen : Révision biennale
- (c) Risque Faible : Révision triennale
4.3 Déclencheurs de la Vigilance Renforcée (VR) :
- (a) Statut de PPE (national, étranger ou organisation internationale) ;
- (b) Opérations dans des juridictions à risque élevé ou non coopératives selon les listes grises/noires du GAFI ;
- (c) Propriété complexe en couches ou utilisation de structures de prête-noms ;
- (d) Souscriptions d'or à grande échelle ou transferts transfrontaliers dépassant l'équivalent de 5 millions USD.
4.4 Exigences de la Vigilance Renforcée : Approbation de la direction générale, collecte indépendante de renseignements, documentation plus approfondie de la source de patrimoine/origine des fonds et contrôle transactionnel continu.
ARTICLE 5 : CRIBLAGE DES SANCTIONS ET ACTIVITÉS INTERDITES
5.1 Criblage en Temps Réel : Tous les Membres, bénéficiaires effectifs, signataires et contreparties sont criblés par rapport à :
- (a) La liste consolidée du Conseil de Sécurité de l'ONU
- (b) Les listes SDN et de sanctions sectorielles de l'OFAC
- (c) La liste consolidée des sanctions financières de l'UE
- (d) La liste des sanctions du HMT britannique
- (e) Les cadres de sanctions de l'Union Africaine et régionaux
5.2 Activités Interdites : Le Fonds ne participera à aucune transaction impliquant :
- (a) Des personnes, entités ou juridictions sanctionnées ;
- (b) Le financement du terrorisme ou les réseaux de prolifération ;
- (c) Les produits de la corruption, de la fraude ou de la criminalité organisée ;
- (d) Des activités violant le droit international humanitaire.
5.3 Blocage pour Conformité et Suspension : Lors de la détection d'une correspondance dans les listes de sanctions ou d'une suspicion fondée, le Comité Exécutif peut temporairement geler les transferts de parts, suspendre les distributions économiques et restreindre l'accès aux systèmes dans l'attente d'une enquête, conformément aux Articles 10.5 et 14.2.
ARTICLE 6 : DÉCLARATION ET INTÉGRATION DES ALERTES
6.1 Déclaration Interne : Le personnel du Fonds, les responsables de la conformité et les agents désignés doivent déposer des Rapports d'Activité Suspecte (RAS) internes auprès du Responsable de la Conformité du Fonds dans les 24 heures suivant la détection.
6.2 Canaux de Signalement des Alertes : Des mécanismes de signalement sécurisés et confidentiels sont maintenus pour que les Membres, les employés et les tiers puissent signaler des violations suspectées de la Charte ou de la LBC. Les rapports sont examinés par le Comité Exécutif et, le cas échéant, transmis à des auditeurs indépendants.
6.3 Déclaration Externe : Lorsque requis par des accords complémentaires ou le droit de la juridiction d'accueil, le Fonds peut déposer des rapports réglementaires sans renoncer aux immunités fondamentales en vertu du Chapitre V, sauf autorisation expresse du Comité Exécutif en vertu de l'Article 22.
6.4 Non-Représailles : Le Fonds interdit toute représaille contre toute personne qui signale une activité suspecte de bonne foi.
ARTICLE 7 : CONSERVATION DES DOSSIERS ET PROTECTION DES DONNÉES
7.1 Période de Conservation : Les dossiers KYC/LBC, les journaux de transactions, les résultats de criblage et la documentation des RAS doivent être conservés pendant un minimum de sept (7) ans suivant la fin de la relation avec le Membre ou la conclusion de la transaction concernée.
7.2 Stockage Sécurisé : Les dossiers doivent être stockés dans des systèmes chiffrés à accès contrôlé intégrés au Registre Numérique des Parts (ACF-DIR-004) et aux coffres de conformité.
7.3 Confidentialité des Données : Les données personnelles doivent être traitées conformément aux principes internationaux de protection des données. Les flux de données transfrontaliers sont protégés par les immunités du Chapitre V (Articles 18-22), bien que les Membres restent responsables de la conformité réglementaire nationale lors de l'accès aux systèmes du Fonds.
7.4 Obligation des Membres : Les Membres doivent mettre à jour rapidement les informations KYC en cas de changements importants. Le défaut de maintenir une documentation à jour peut entraîner la suspension des droits de transfert ou des distributions économiques en vertu de l'Article 8.4 de la Charte.
ARTICLE 8 : GOUVERNANCE, FORMATION ET RESPONSABILITÉ
8.1 Fonction de Conformité : Le Comité Exécutif doit nommer un Responsable Principal de la Conformité (RPC) chargé de mettre en œuvre la présente Directive, de gérer les systèmes de criblage et de rendre compte de l'efficacité du programme LBC/LFT.
8.2 Formation : Une formation annuelle obligatoire en matière de LBC/LFT doit être dispensée à tout le personnel du Fonds, aux membres du Comité Exécutif, aux auditeurs externes et aux partenaires techniques. Les Membres sont encouragés à former leurs signataires autorisés sur les obligations KYC.
8.3 Responsabilité : La violation délibérée ou négligente de la présente Directive peut entraîner :
- (a) La restriction de l'accès au Registre Numérique des Parts ;
- (b) Le retard ou le rejet des transferts de parts, des demandes de prêt ou des retraits ;
- (c) Le renvoi au Comité Exécutif pour examen de l'adhésion ou procédures de confiscation en vertu de l'Article 10.3.
ARTICLE 9 : AUDIT ET RÉVISION DE LA DIRECTIVE
9.1 Audit Indépendant : Le programme LBC/LFT doit faire l'objet d'une révision annuelle par des auditeurs externes de notoriété internationale reconnue, avec les conclusions communiquées au Comité Exécutif.
9.2 Tests de Pénétration et de Processus : Des tests indépendants biennaux des algorithmes de criblage, du triage des alertes et des flux de transmission des RAS doivent être conduits.
9.3 Révision de la Directive : La présente Directive doit être révisée biennalement par le Comité Exécutif pour intégrer les mises à jour des orientations du GAFI, les avancées technologiques et les retours opérationnels. Les amendements doivent être publiés sur le site officiel du Fonds.
ARTICLE 10 : ENTRÉE EN VIGUEUR ET LANGUES
10.1 Entrée en Vigueur : La présente Directive entre en vigueur dès sa signature par le Président et sa publication sur le site officiel du Fonds.
10.2 Primauté : En cas de conflit entre la présente Directive et la Charte, la Charte prévaut.
10.3 Langues : Conformément à l'Article 28.1, la présente Directive est authentique en anglais, français, portugais et arabe. En cas de divergence, le texte anglais prévaut pour les spécifications techniques et de conformité.
ANNEXE A : MATRICE DE CLASSIFICATION DES RISQUES (RÉSUMÉ)
| Niveau de Risque | Juridiction | Type d'Entité | Exposition PPE | Cycle de Révision |
|---|---|---|---|---|
| Faible | Conforme au GAFI, régime réglementaire transparent | Banques cotées en bourse, fonds souverains | Aucune | 3 ans |
| Moyen | Systèmes financiers en développement, transparence modérée | Banques privées, entreprises, ONG | PPE nationaux | 2 ans |
| Élevé | Liste grise/noire GAFI, secret offshore, zones de conflit | Véhicules d'investissement privés, fiducies, structures écrans | PPE étrangers/internationaux | 1 an + VR |
ANNEXE B : DOCUMENTS REQUIS PAR TYPE D'ENTITÉ
| Document | Souverain | Banque Centrale | Banque Commerciale | Entreprise/ONG | Investisseur Individuel |
|---|---|---|---|---|---|
| Certificat d'enregistrement | S.O. | ✓ | ✓ | ✓ | Pièce d'identité/Passeport |
| Documents constitutifs/Charte | ✓ | ✓ | ✓ | ✓ | S.O. |
| Résolution du conseil (Signataire) | ✓ | ✓ | ✓ | ✓ | S.O. |
| Registre UBO/Organigramme | S.O. | S.O. | ✓ | ✓ | Déclaration de contrôle |
| Déclaration de source du patrimoine/fonds | ✓ | ✓ | ✓ | ✓ | ✓ |
| Essai d'or et traçabilité | Le cas échéant | Le cas échéant | Le cas échéant | Le cas échéant | Le cas échéant |
ANNEXE C : CONTACTS DE CONFORMITÉ ET CANAUX DE DÉCLARATION
| Fonction | Contact | Objet |
|---|---|---|
| Assistance KYC à l'intégration | [email protected] | Soumission de documents, statut de vérification, corrections |
| Alertes de criblage des sanctions | [email protected] | Résolution des correspondances, notifications de gel, mainlevée |
| Portail des alertes et de l'éthique | [email protected] | Signalement sécurisé et anonyme des violations suspectées |
| Audit et révision du programme | [email protected] | Tests indépendants, coordination de l'audit annuel |
Adoptée par le Président du Fonds Communautaire Africain le 04/05/2026.
Valeur Partagée, Prospérité Partagée.